CRÉATION COMPAGNIE MSKT

 

Charlotte a trois filles, Anne-Frédérique a quatre garçons. Elles ont toutes les deux lu La Princesse de Clèves de Marie-Madeleine de la Fayette et Nous sommes tous féministes de Chimanda Ngozi Adichie. L’une adore Deleuze et Bowie, l’autre préfère Char et Despentes. Elles ont des amours, des aventures, des passions, des fantasmes, des combats, des révoltes, des engagements, des trahisons, des colères, des réalisations, des rêves, des déceptions, des hontes, des plaisirs, des envies, des obligations... elles refusent d’être assignées à identité.

Elles reconnaissent dans La Princesse de Clèves la première féministe qui refuse d’être assujettie : ni fille, ni femme, ni mère, ni amante, ni courtisane, ni rebelle. Elle est machine désirante en devenir sur des lignes de fuite. Complexe et libre. Le désir n’est pas soluble dans la définition. L’art n’est pas réductible à l’expression. Le plateau n’est pas assignable à justification. Il s’agit de mettre en œuvre un processus de création au plus près de notre actualité. Au plateau, une actrice de l’ère Me too prend la parole pour affirmer la puissance et la liberté de son désir. Le public est invité dans sa loge, endroit d’intimité paradoxale.